
BIO
Ibrahim Mursal est un réalisateur et scénariste norvégo-somalo-soudanais qui explore le concept d’identité dans son travail et réalise des films dans le but de remettre en question les points de vue établis et de susciter le dialogue. Il s’est fait connaître à l’international avec le court-métrage documentaire The Art of Sin (2020), suivi de Connections (2022), consacré aux perspectives de jeunes issus de milieux multiculturels, et de Set Pieces (2024), dont la première a eu lieu au Bergen IFF.
Pour ses débuts dans la fiction, il a réalisé le court-métrage African Family Dinner (2024, AFRIKALDIA 2026), salué à l’international et actuellement présenté dans des festivals internationaux. Le réalisateur développe actuellement son premier long-métrage de fiction, dans lequel il examine la justice et la moralité à travers le prisme de l’éducation culturelle.
Par ailleurs, Mursal donne des conférences dans des universités et des établissements scolaires et utilise le cinéma comme outil pour aborder de manière nuancée, bienveillante et évocatrice les tabous, les rôles de genre, les attentes, la culture, la religion, la santé mentale et l’orientation sexuelle. Il est également conseiller cinématographique auprès de l’organisation à but non lucratif et politiquement indépendante Sex og Politikk (IPPF Norvège). La mission de cette organisation est de renforcer et de promouvoir la santé et les droits sexuels et reproductifs en Norvège et à l’international.
FILMOGRAPHIE:
African Family Dinner (2024). Court-métrage de fiction. (13´).
Set Pieces (2024). Court-métrage documentaire (12´).
Connections (2022). Court-métrage documentaire (13´).
The Art of Sin (2020). Moyen-métrage documentaire (58´).
The Art of being a Sinner (2017). Court-métrage documentaire (20´).
50 Piasters (2012). Court-métrage de fiction étudiant (6’).
DÉCLARATIONS
« Si nous pouvons rire ensemble, nous pouvons parler ensemble. » C’est cette idée qui m’a amené à réaliser un court-métrage sous forme de comédie sur un sujet aussi clivant et sensible que l’appropriation culturelle et les microagressions raciales. En tant qu’homme noir, musulman et arabe vivant en Norvège, j’ai eu ma part d’agressions racistes et d’attention médiatique déshumanisante. Ce qui me frappe le plus, c’est le peu d’attention accordée au « racisme ordinaire » : ces commentaires et ces actes subtils qui vous offensent et vous laissent sans savoir comment réagir. Ces moments surviennent dans des espaces que vous considérez comme sûrs, avec un collègue ou un ami, lorsqu’une remarque faite en passant vous met dans une situation inconfortable. Répondez-vous, au risque de créer des tensions, ou gardez-vous le silence en ravalant votre malaise ?
Ce court-métrage cherche à saisir ce malaise – ce mélange de honte et de doute – tout en explorant les bonnes intentions qui sous-tendent ces interactions, raison pour laquelle elles sont si difficiles à affronter. Le traiter sous forme de comédie me permet d’ouvrir une conversation que je souhaite avoir depuis longtemps, à travers une mise en scène qui invite à la réflexion sans susciter les sentiments de culpabilité ou les attitudes défensives qui accompagnent souvent ces conversations.
J’espère que ce film nous donnera l’occasion de réfléchir car, à un moment ou à un autre de notre vie, nous nous sommes retrouvés d’un côté ou de l’autre de la table. Parfois, nous sommes ceux qui subissent des commentaires bien intentionnés mais blessants ; à d’autres moments, nous sommes ceux qui en sont à l’origine sans nous en rendre compte. Si nous sommes capables de rire et d’éprouver de la gêne ensemble, je crois que nous pourrons réellement parler – et réfléchir – ensemble à la manière de mieux faire la prochaine fois.

