BOUBACAR SANGARÉ

BIO

Boubacar Sangaré est un réalisateur, scénariste et avocat burkinabè résidant en France. En 2014, il coréalise Une révolution africaine, les dix jours qui ont fait chuter Blaise Compaoré, un documentaire sur le soulèvement populaire au Burkina Faso. Son documentaire suivant, Or de vie (2023), présenté en première au Forum de la Berlinale, est sélectionné dans plus de soixante-dix festivals internationaux et reçoit plus d’une douzaine de prix et distinctions.

En 2026, son deuxième long-métrage documentaire distribué en salles, Djeliya, Mémoire du Mandé (première nationale à AFRIKALDIA), est présenté en première mondiale à Visions du Réel, où il reçoit une mention spéciale du jury de la compétition internationale.

Il développe actuellement plusieurs projets : son premier long-métrage de fiction, The Delinquent Gods, et Searching for the Playboy, un documentaire sur l’énigmatique milliardaire malien Baba Sora. Outre son travail de réalisateur, Boubacar Sangaré exerce comme consultant sur des questions juridiques liées au cinéma et à l’industrie audiovisuelle.

 

FILMOGRAPHIE

Djeliya, mémoire du Mandé (2026). Long-métrage documentaire (112’).

Or de vie (2023). Long-métrage documentaire (85´).

Une révolution africaine, les dix jours qui ont fait chuter Blaise Campaoré (2015). Long-métrage documentaire (99´).

DÉCLARATIONS

Je cherche par ce film à retrouver et partager la mémoire commune d’une région composée de différents peuples mais qui étaient rassemblés dans une ère culturelle commune avant que l’Histoire ne les sépare dans des frontières politiques. J’espère éveiller chez les jeunes la fierté de porter leur histoire commune et de la mettre à profit pour construire un futur qui bannit tout conflit entre communautés. À la rencontre des griots, qu’ils soient traditionnels ou plus modernes, parfois musiciens à la reconnaissance planétaire, je retrace l’évolution du rôle fédérateur du griot.

Je questionne aussi cette Afrique de l’Ouest face à son passé colonial et ses contradictions du présent. La colonisation occidentale a laissé des blessures ouvertes, dont les frontières et la présence économique de l’ancien colon sont les éléments les plus visibles aujourd’hui. La colonisation arabe, plus ancienne et moins connue, se ressent aussi par la pénétration de l’Islam et de la langue arabe en Afrique de l’Ouest, entrant parfois en concurrence avec les traditions et religions locales.

Le film devient l’épopée à la fois intime et historique des griots, évoquée comme un appel contemporain à la réconciliation et à l’entente, mais personnifiée par la quête initiatique et universelle de Sékou, jeune homme à la recherche de son destin et de son père. Cette intention ouvre la possibilité d’un portrait subtil et poétique sur la mémoire commune et la vie en Afrique de l’Ouest du point de vue de ses conteurs.